La reconversion : expérience réussie

Un jour, je suis rentrée à la maison en disant à mon homme : “ je crois que j’en ai ras le bol de mon boulot,  j’ai envie de changer,  de partir et de bosser pour moi.

Il m’a alors  regardé droit dans les yeux et m’a balancé serein : vas-y ! ».

 

Retour en arrière.

Nous sommes en 2010. J’habite à Paris et travaille dans la communication et dans le marketing. J’avais Le job que je voulais, un salaire confortable, un réseau d’amis qui avaient plus ou moins la même vie que moi.

Seulement voilà., il y a quelques mois est entrée dans ma vie celle qui a tout changé. Celle qui devait « s’adapter à nous, parce que je vais pas changer ma vie pour un bébé ». Celle qui a rapidement est devenue plus importante que tout le reste.

Celle avec qui j’avais envie de passer mon temps libre.

Mais aussi et surtout pour qui je voulais être disponible. J’avais 26 ans, c’est jeune quand même pour être si convaincue d’avoir la vie qu’on veut.  

 

Alors il m’est arrivé ce qui arrive à tant de mamans : une remise en question.

Et surtout LA question : qu’est-ce qui est important pour moi ? Qu’est ce que j’ai envie de faire de ma vie ? Qu’elles sont les valeurs que j’ai envie de transmettre à cette puce qui a tout bouleversé ? Comment ai-je envie de passer mon temps libre et le temps que je passer à travailler ? Ai-je envie d’avoir un salaire (et la sécurité -  il ne faut pas se leurrer) ou d’avoir le sentiment de faire quelque chose d’utile (si ce n’est pour les autres, tout du moins pour moi) ?

Workshop photographe de familles

©HoppyKindanda

 

Alors nous sommes partis.

Partis de Paris, de la vie que nous maîtrisions si bien et je me suis lancée dans la grande aventure de l’entreprenariat.

Et là – slave d’applaudissements : tout le monde m’a dit « mais c’est génial », « de toutes les manières tu es faite pour être à ton compte » !

Suivi de :

« Alors ? Tu vas faire quoi ?

Moi, pleine d’enthousiasme (il faut être motivée hein)

Photographe !!

Gros blanc

Aaahhhhhhh 

mais t’es folle ?

On peut en vivre de ça ?».

Et le moins que je puisse dire est que cette réponse a été généralisée !

 

Par chance, j’étais loin (géographiquement parlant) impossible donc d’entendre les langues septiques me “conseiller” au quotidien et j’ai été très bien entourée, autour de moi j’avais un clan serré, soudé et surtout hyper confiant. Je dois avouer aussi que je suis une grande optimiste – c’est dans mon caractère – et je ne crois pas avoir douté que ça marcherait.

Arretons de nous leurrer. Si, avec le recul d’aujourd’hui, je trouve que cette expérience a été une superbe aventure qui m’aura mené à l’épanouissement professionnel et personnel, le parcours a été semé de difficultés, de quelques doutes et de beaucoup de remises en questions.

 

D’abord le néant : changer de vie c’est bien mais par où on commence ?

J’ai donc tout d’abord eu une considération pragmatico-pratique : mieux vaut faire des photos basiques et savoir extrêmement bien les vendre que de faire des chefs d’œuvres qui ne trouveront pas d’acquéreur.

 

J’ai suivi une formation sur la reconversion, la création et la gestion d’entreprise. Ensuite seulement j’ai commencé les formations et workshop sur la photographie.

Est ensuite arrivée la période des tests : je passerai sur les expériences plus ou moins glorieuses pour petit à petit me spécialiser dans la photographie de famille. Graver à jamais un bonheur, un moment de la vie des gens et leur faire vivre des expériences uniques.

 

Je ne suis alors qu’au début du chemin et encore tellement loin de là où j’aimerai aller. Je sais que même si je fais presque tous les jours au moins une photo et que je sors de mes séances avec un nombre incalculable de rushes, je n’y suis pas encore.

Je sais que le voyage est long et les routes sinueuses, que nombre de mes essais ont été de lamentables échecs accompagnés parfois de grands moments de solitudes, mais j’ai toujours adoré voyager.

Et comme le dit cette phrase que j’aime tant « There is no elevator to succes, you have to take the stairs » (*il n’y a pas d’ascenseur vers le succès il faut prendre l’escalier), alors je continue de me former, souvent et beaucoup. J’ai pris conscience de mes forces que j’ai appris à les exploiter, j’ai grandi, j’ai appris à entendre les critiques sur mon travail qui font parfois mal mais qui font avancer.

7 ans après alors ? 

J’ai un job que j’adore et le sentiment de faire quelque chose d’important.

On est d’accord, je suis pas médecin et je ne sauve pas de vies,  mais je transmets des souvenirs aux familles que je photographie et surtout la preuve de leur lien et de leur amour.

C’est sur, c’est moins sécurisant que d’avoir un salaire, une assurance chômage et un CE. C’est des doutes quotidiens sur mon CA, des remises en questions permanentes sur les offres et services que je propose.

Mais c’est aussi :

- Des vacances à toutes les vacances scolaires,

- Deux enfants que je vois grandir et dont je profite tous les jours.

- Un réseau de photographes exceptionnels, qui me fait parfois travailler, mais surtout très souvent évoluer. Qui m’aide parfois à mettre le doigt là où ça ne va pas et plus généralement sur ce qui va bien.

- Une communauté de vrais amis – parce que la communauté de photographes, elle déchire.

- Un environnement de travail qui est fait de rires, de rencontres marquantes et de gens heureux. Parce que mes clients ils sont contents quand j’arrive, quand ils découvrent les photos et aussi quand ils reçoivent leurs albums.

- C’est aussi une vie qui est faite de voyages et finalement d’un salaire qui permet de très bien en vivre.

 

Alors aujourd’hui je peux le dire : devenir photographe : c’est la meilleure décision que j’ai prise !

Mollygraphy - photo de groupe-bd
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